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Bulletin n° 3 Septembre 1997 |
UN PRECURSEUR DES FOUILLES ARCHEOLOGIQUES ET UNE ENIGME !
Frédéric EDE (prononcer "ide"), peintre canadien français (1865-1942) venu se fixer à Montigny dès 1889 a été un précurseur dans l'étude de l'archéologie régionale, des vestiges préhistoriques et des grottes ornées du sud de la forêt de Fontainebleau.
Il n'est pas le seul a avoir été passionné par ces signes de l'habitat le plus ancien de notre village et autour. Ce sont surtout des artistes qui ont effectué et relaté ces recherches après 1870 : le peintre Thomas MARANCOURT, au CRO MARIN en 1891 et 1892, ou Numa GILLET, à "Haut le Roc", en 1896 puis 1910, (des photographies le montrent sur ce chantier) ainsi qu'aux "Roches" en 1904. Le peintre Eugène HARIVEAU avait déjà trouvé plus tôt de nombreux objets de bronze au lieu dit "Marion des Roches". Le Docteur DURANT de Bourron a fouillé, lui aussi, en de nombreux endroits. Des pièces de ces collections se trouvent au Musée de la Préhistoire de Nemours.
F. EDE, venu à Paris pour étudier la peinture, se lie d'amitié, à l'Académie Julian, avec Numa GILLET et Michel KOROCHANSKY qui l'attirent à Montigny. Il loge plusieurs années à Sorques, se marie avec une fille du village et s'installe à Montigny. Il devient l'ami du grand naturaliste Henri DALMON, qui lui rend hommage dans son livre "Fontainebleau, antique forêt de Bierre" *.
Vers 1909, F. EDE a connaissance de la légende qui entoure la "Roche au Nom", banc de roche en surplomb où les vieux du pays se rappellent avoir cherché abri avec leurs troupeaux. La légende raconte qu'un jeune homme désespéré de se voir refuser la main de celle qu'il aimait se donna la mort sous cette roche. C'est à lui que nous devrions les nombreux dessins cruciformes gravés dans la grotte. Beaucoup de gens connaissaient cette légende, et Frédéric EDE comme eux, jusqu'au jour où, cherchant le motif d'une aquarelle en forêt, il trouve, au Mont-Aiveu, en 1911, une roche-abri couverte de signes gravés semblables à ceux que l'on connaissaient à la "Roche au Nom". Il pense que l'explication fournie par la légende est insuffisante, il recherche alors en forêt d'autres abris gravés de signes semblables et, très vite, il étendra sa prospection aux environs.
F. EDE est aussi à l'origine, avec ses amis naturalistes, de la fondation de l'Association des Naturalistes de la Vallée du Loing, en 1913, dans le bulletin de laquelle il publiera, en exclusivité ses études jusqu'en 1930. Il y développe des hypothèses hardies pour l'époque à propos des gravures rupestres. La découverte de nombreux tessons, celle d'un vase presqu'entier dans l'abri des Brosses, qu'il date de la période de la Tène** font qu'il attribue aux Gaulois et aux druides la plus grande partie des gravures qu'il a étudiées.Les chercheurs de son époque et ceux qui lui succèdent pensent davantage au Néolithique, ou même avant.
Il y a quelques années, une archéologue allemande renommée, M.A. KONIG fait remarquer que figurent sur des monnaies gauloises les mêmes symboles que ceux des rochers-abris de Fontainebleau : les hypothèses de Frédéric EDE ont trouvé une confirmation, hélas, posthume.
REste l'énigme : nous ne connaissons plus l'emplacement de la "Roche au Nom" !. Elle se situait très probablement dans une zone assez proche du village. Nous en reproduisons ici les motifs gravés relevés par F. EDE, si vous la retrouvez, de nombreux préhistoriens seront ravis de pouvoir en compléter l'étude.
Merci!
*Henri DALMON : "Fontainebleau, antique forêt de Biere", Librairie Stock, ( Delamain et Boutelleau) , coll "les livres de nature".
**Tène : période gauloise antérieure à l'invasion romaine.
(Article inspiré de la publication du GERSAR ( Groupe de Recherches et d'Etude de l'Art Rupestre ) de 1980)
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