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A.S.M.E. Association de Sauvegarde de Montigny et de son Environnement 51 rue des Rouisses 77690 Montigny sur Loing Association régie par la loi de 1901 N° 4/9515 |
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Une "Première" à Montigny Grâce à l'un de nos lecteurs, nous avons eu la surprise d'apprendre que la première opération aérienne de récupération d'un agent envoyé derrière les lignes ennemies, pendant la seconde guerre mondiale, s'est faite dans notre commune, sur le plateau des Trembleaux. La transmission des informations est une pratique délicate, réservée aux seuls initiés. L'aviation joue sa part dans cette transmission, avec la dépose ou le ramassage d'agents derrière les lignes ennemies. Cette pratique s'est amplifiée au long de la dernière guerre, et le transport très risqué de messages entre la France et l'Angleterre a été presque une liaison régulière. Les transports sont, à l'origine, le travail d'une patrouille spécialisée de la Royal Air Force, formée en Août 1940 de 2 avions, puis en 1941, de 4 avions, plus ou moins adaptés aux parachutages et aux déposes. Elle devient ensuite un escadron spécialisé, dont les avions sont adaptés aux atterrissages de nuit. A partir de 1943, les américains mettent en place des escadrilles, et la France Libre opère à partir d'Alger d'abord, puis de la Corse. Certains avions, comme le "Lysander", sont très utilisés pour les atterrissages britanniques nocturnes en Europe occupée. C'est un avion lent, datant de 1936, biplace, mais pouvant transporter trois ou quatre personnes en plus du pilote, qui décolle très court, vire "dans un mouchoir" et peut voler sans risque à des vitesses très basses. Il peut aussi pratiquer une descente quasi parachutage à condition de bien maîtriser la vitesse. Il compte 279 opérations de ramassage en France, dont 180 réussies, et seulement 12 pertes. Les vols se font de nuit, pendant la période de pleine lune, (une semaine avant et une semaine après), à vue et, si possible, par bonnes conditions météorologiques. Les comités de réception sont parfois dotés de balises radio électriques de faible portée. Les terrains d'arrivée, d'environ 600 m de long, sont balisé de trois lumières rouges distantes de 100 m, un lumière blanche à 50 m de la dernière lampe rouge indique l'extremité de la piste, elle clignote en morse dès que l'avion est entendu pour donner la lettre d'identification du terrain. Si la zone n'est pas trop surveillée, des feux d'herbe et des phares d'auto remplacent le dispositif. Le temps d'escale ne dépasse pas 15 minutes. Les équipes sont prévenues par message codé diffusé en clair par la BBC, parfois à la dernière minute. Certaines opérations sont restées exemplaires, comme la première récupération d'agent anglais. C'est cette récupération qui a eu lieu sur lesTrembleaux. En voici le récit. "La première opération de récupération est à l'actif du capitaine W.R.Farley, pilotant un Lysander dans la nuit du 19 au 20 Octobre 1940. La récupération de Philip Scheidau à Montigny, en bordure de la forêt de Fontainebleau est préparée grâce à des pigeons voyageurs lâchés le dimanche matin à 8 h et arrivés dans leur pigeonnier à East Grinstead à 16 h. Leur message est décodé à 18 h 30, mais le responsable n'en prend connaissance que le lundi 13 h. Voila résumé le drame de ces voyages clandestins. D'un côté la peur d'être capturé est permanente, de l'autre, on travaille aux horaires administratifs, mais l'histoire ne s'arrête pas là. Si l'avion est finalement arrivé sur le terrain secret malgré une pluie battante au départ et du mauvais temps en route, le retour n'est pas exempt d'incident. Au décollage l'avion est mitraillé par un poste allemand à Marlotte, la radio noyée par la pluie est inutilisable et le pilote, forcé de passer au dessus de la couche nuageuse, se perd et, à bout d'essence, se "vomit" dans un pré en Ecosse, près d'Oban, ouvrant la porte à des soupçons difficiles à dissiper." |