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Bulletin n° 8 Novembre 2000 |
Après la tempête de décembre 1999
LE DEVENIR DE LA FORET DE FONTAINEBLEAU
Le 23 Octobre, l'Association de Défense de la Vallée du Loing et des Sites Environnants, présidée par notre compatriote Monsieur Renault, avait organisé une conférence donnée par M. Jacomet, à laquelle les Montignons étaient conviés par voie d'affichettes. Ils étaient malheureusement peu nombreux à y assister. C'est pourquoi nous donnons un rapide compte rendu
A - Les effets de la tempête sur la forêt de Fontainebleau
- Sur les peuplements forestiers : 300 000 m2 de bois abattus soit environ 500 000 arbres dont 150 000 arbres adultes, plus de cinq années de récolte. La situation est très inégale : des secteurs de trouées à blanc jusqu'à 40 ha, sur 1 à 2 % de la forêt pour un total de 250 à 300 ha rasés, des secteurs touchés de dégats importants, sur 5 à 10 % de la forêt, ailleurs, les destructions sont diffuses. Les dégats sont équivalents pour les feuillus et les résineux, en fonction de la force variable du vent,les arbres sur sols superficiels ne sont pas les seuls atteints, les arbres à racines plongeantes et longues sont tombés dans les mêmes proportions, que les sols soient sableux ou non.
- Sur les infrastructures et les équipements : les routes fermées et endommagées, les chemins impraticable.
- Sur les arbres classés "éléments remarquables" : 98 ont été endommagés ou détruits sur environ 900.
- Sur les milieux remarquables : des arbres sont tombés dans les mares.(mares de platières, ou mares artificielles). Dans la mesure du possible, les houppiers (tête de arbres) ont été retirés.
- Sur les réserves biologiques intégrales : là, il n'y a pas d'intervention humaine, mais seulement observation de l'évolution : la tempête a amené de la lumière (à suivre !) .
- Sur les oiseaux : des arbres à cavités ont été laissés sur place, même morts, pour les oiseaux nicheurs .
- Sur l'accueil du public : de janvier à mars 2000, interdiction absolue de circulation pour raison de sécurité mais travaux de mise en sécurité des chemins. Depuis début avril, les chemins et sentiers forestiers sont ouverts au public, mais les sous-bois sont toujours interdits par sécurité, et les transformations du paysage seront longtemps visibles.
- Sur la grande faune (cervidés et sangliers) : pas de grands animaux tués par la tempête mais en raison de la pression de chasse moins importante (l'ONF ayant annulé les chasses de prélèvement et les chasses étant interdites par sécurité dans les secteurs boisés), il y a eu beaucoup de naissances, surtout chez les sangliers. Des dégats dans les jardins limitrophes sont signalés .
- Sur risques d'incendie : heureusement, l'été 2000 a été très pluvieux et peu ensoleillé ! Ainsi, les risques ont été limités car le volume inflammable de bois au sol était très inquiétant. C'est une des raisons de l'ouverture rapide des chemins, pour permettre l'accès des pompiers.
B - Etat d'avancement et perspectives
- Sécurisation: pour réouverture au public et pour sécurité. Avec l'aide de la DDE pour les routes. Par l'ONF seul pour le secteur forestier (avec des bûcherons extérieurs) pour réouvrir les sentiers et les sécuriser (1 200 km de routes et chemins forestiers )à partir du 1er Avril 2000. La sécurisation des sous bois reste à faire, avec les acheteurs des bois, elle sera longue .
- Commercialisation des bois : Le bois est vendu mais il y a des difficultés de transport pour les grumiers qui manquent de camions disponibles. Les bois se dégradent au sol, la commercialisation doit donc être rapide. En ce qui concerne le bois de qualité et gros bois, chaque arbre a été recensé (150 000 environ), pour le bois de faible valeur, c'est selon le volume . L'inventaire est presque terminé mais l'exploitation durera jusqu'en 2002 ou après.
- Reconstitution : il faut attendre la régénération. naturelle. Si elle s'avère insuffisante, il y aura replantation pour de grandes trouées, avec priorité aux feuillus (chênes surtout) à réinstaller et planter au milieu des résineux quand c'est possible. Faisons à ce sujet un bref rappel historique :
- en 1700 : la moitié de la forêt était vide,
- en 1780 : plantation de feuillus sur de grandes surfaces, mais seulement la moitié prend racine, à cause de sols arides impropres aux feuillus,
- en 1850 : on plante des pins sylvestres là où les feuillus ne poussent pas,
- vers la fin du XIX ème siècle, un gel important a occasionné autant de dégats que la tempête de 1999. Les traces n'en sont plus très visibles.
- Incidences financières de la tempête : Les arbres se vendent moins bien, trop tôt, avec des frais énormes. Les ouvertures de sentiers ont été financées par le Conseil Général.
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