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Association de Sauvegarde de Montigny et de son Environnement
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Bulletin n° 14
Automne 2003


Les grès de la forêt de Fontainebleau


Presque partout dans la forêt de Fontainebleau se trouvent des grès soit en bancs soit éboulés, entassés sur le flanc des collines appelées " rochers " dans le pays. C'est la pierre la plus répandue et la plus commune qui fut exploitée par l'homme dès que se construisirent les premières habitations en bordure de la forêt.

C'est au Moyen-Age que commence l'exploitation du grès pour le pavage des rues de Paris. L'ouverture des carrières se fait désormais à proximité de la Seine et du Loing. Henri IV à la fin du XVI° siècle donne une forte impulsion à cette exploitation en développant le pavage des routes de France. Ce pavage est réalisé avec le pavé dit " échantillon " qui mesure 22 centimètres en tous sens. L'exploitation aux fins de pavage se poursuivra jusqu'à l'époque du Second Empire où l'apparition du macadam signe l'arrêt de mort du pavage des routes.

Dans le secteur de Montigny les carrières du Haut-Mont et du Rocher Boulin sont ouvertes bien avant la Révolution. Sous la Restauration commence l'exploitation des carrières du Long Rocher et il est aisé d'en retrouver la trace tout au long des routes de le Grande vallée, de la Gravine et des Carrières. En 1848 une carrière est ouverte au Rocher des Etroitures en remplacement de celle du Rocher Boulin fermée. Sous Louis-Philippe, l'exploitation de la carrière du Long Rocher est confiée à une compagnie qui établit en 1837 un petit chemin de fer allant rejoindre le canal du Loing. On peut sans doute en trouver la trace à proximité du monument à Kosciuszsko.

L'exploitation des carrières est faite soit par des carriers professionnels dont l'espérance de vie ne dépassait guère 45 ans en raison de la pénibilité du travail, soit par des agriculteurs, des bûcherons ou des maçons en complément de leur activité principale. Le nombre des carriers professionnels ne fut jamais très élevé. En 1870 on n'en comptait guère plus de 200 dans la forêt. Cette population était toutefois turbulente et de nombreuses révoltes marquèrent les siècles d'exploitation.

Ce n'est qu'à partir de la fin du XIX° siècle sous l'impulsion des artistes de l'Ecole de Barbizon que l'administration prit conscience de la dévastation de la forêt due aux carrières et décida d'en limiter les effets. Finalement le recours à des procédés nouveaux pour la réalisation des routes et le revêtement des rues des villes entraîna la fermeture progressive des carrières dont les traces demeurent toutefois encore bien visibles alors que la nature reprend peu à peu possession de ces zones sinistrées.

carrière de pierre
Carte postale locale (collection privée)

Les carriers représentés sont M. Reveillé (casquette) dit "Longboyau" et M. Boyer dit " Bancal" ou "Boyer le pauvre". Ces surnoms se perdent, si vous en avez d'autres en mémoire, nous serions heureux que vous nous les communiquiez.