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A.S.M.E. Association de Sauvegarde de Montigny et de son Environnement 2 rue du Tertre 77690 Montigny sur Loing Association régie par la loi de 1901 N° 4/9515 |
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LE COMMERCE A MONTIGNY
au lendemain de la seconde guerre mondiale (première partie) En ces temps pas si reculés, un grand nombre de commerces très variés facilitaient la vie des habi-tants de notre village. Partons du pont du Loing et remontons vers le centre du village. A l’emplacement de l’actuel bureau de tabac se trouvait le café-bureau de tabac Diéval. La famille Diéval, qui avait succédé aux Giraud, a quitté Montigny pour Fontainebleau et un établissement plus important. Monsieur Trassoudène, un ancien catcheur, et plusieurs autres tenanciers se sont succédés depuis. Dans le renfoncement du passage des Gâtines, tout contre le café, se trouvait la petite épicerie de Madame Giraud, qui, devenue veuve, ne pouvait plus tenir seule cet établissement. Un antiquaire a vendu beaucoup d’objets dans la boutique située, à la place de l’agence immobilière actuelle. Entre cette boutique et le bureau de tabac, il y avait eu, jadis, la recette des impôts indirects, vente de timbres fiscaux, à l’endroit où Monsieur Schmit vendait aussi le tabac. En face du café, à l’entrée de la ruelle, le portail de la laverie de Madame Pichon qui blanchissait et repassait le linge de nombreux Montignons. Elle succédait à sa belle-mère, qui était réputée pour la qualité de son travail, spécialiste du repassage des tissus les plus fragiles, plissés, tuyautages et dentelles. Monsieur Pichon, qui avait travaillé pour la Ville de Paris, louait des barques et un terrain de tennis, juste à côté de ce qui était alors la «Grande Baignade». Ses clients étaient le plus souvent les campeurs du terrain tout proche, aujourd’hui disparu. A l’angle sur la rue, le salon de coiffure, tenu par Madame Diamin. est devenu une maison particulière, après avoir été un magasin de lingerie, tenu par Madame Danès. A côté, le petit bazar, marchand de jouets et électricité de Monsieur et Madame Guillory, qui amorçait la montée de la rue du Loing avait été longtemps celui de la famille de Madame Fournereau (la grand-mère de Madame Guidoni). Il était spécia-lisé dans le travail des métaux, ferronnerie, serrurerie, fer forgé, mais qui vendait aussi de la bibeloterie, des vélos ou des cuisinières. Ce local fait actuellement l’objet de travaux. Il y a peu de temps que Madame Guillory a déménagé pour Nemours mais le commerce avait cessé depuis plusieurs années. A l’angle de la route de Grez, en face, se trouvait un pâtissier, Monsieur Legras, dans la maison qui a abrité à une époque bien plus ancienne la seconde fabrique de céramique et ses salons d’exposition. Il avait été auparavant dans la boutique exactement contigüe au bureau de tabac. Après le terrain de l’annexe et parking de la Vanne Rouge s’ouvrait la boutique d’articles de chasse et pêche de Monsieur et Madame Desesquelles, proche de l’épicerie Laurent qui était au fond du passage. En face du monument aux Morts, au fond de la placette, la poste, aujourd’hui maison particulière, et la pâtisserie salon de thé Sudron qui offrait, surtout le dimanche, des gâteaux variés à une clientèle nombreuse. Après les années du pâtissier Dubois, c’est aujourd’hui le cabinet de la pédicure. Un peu plus haut, un électricien avait un petit magasin où l’on donnait les pellicules à développer, les photos à tirer... Il fournissait aussi du petit matériel électrique, ampoules, etc... Ce magasin a été tenu par Monsieur Carré, puis par Monsieur et Madame Houy, puis d’autre. Il a été pendant un temps tenu par Madame Gelet, , puis il est devenu une annexe de la banque du Crédit Agricole. Il est aujourd’hui transformé en une maison particulière en retrait de la rue avec un tout petit jardin. Monsieur Guilloteau était menuisier tout à côté, à l’angle de la ruelle du Paradis. En face, sur la hauteur rocheuse, après avoir gravi un rude escalier de pierre, on trouvait le commerce de Madame Radet, «Au Bon Marché» : vêtements, tissus, couronnes mortuaires, corsets sur mesure, chaussures, laine, aiguilles à tricoter, etc... On y accédait aussi par un passage depuis la place de l’église. Au dos de cette maison travaillait le cordonnier Debrault, qui avait un pied bot. Il attrapait nos chaussures par sa fenêtre ouverte sur la petite montée de la rue de l’église. Il nous les restituait, rénovées, de la même manière : son atelier n’avait pas de boutique et on n’y pénétrait pas. Cette maison a été détruite depuis longtemps, elle ne figure plus que sur les cartes postales anciennes, elle est remplacée par la petite place qui sert de stationnement aux voitures. Tout en haut de la montée vers l’église se trouvait la ferme Girard, actuellement replacée par une entreprise de construction. En bas, face au cordonnier, à l’emplacement actuel du coiffeur, il y avait une épicerie, «les Economiques Troyens», où travaillait Madame Barrois, appelée ensuite «la Ruche Moderne». Les deux boutiques qui prolongent le salon de coiffure sont plus récentes. C’était auparavant l’emplacement des établissements Bannery : serrurerie, plomberie, couverture, dépôt de gaz en bouteille, devenus Bannery-Grapperon. Ces établissements occupent actuellement les locaux qui furent longtemps ceux de la fabrique de cadenas, à l’angle de la rue des Cormiers et de la rue des Corvées, ainsi que la grande cour qui était celle du marchand de vins Jacquenet. En face de la montée vers l’église, à l’angle de la ruelle du Point de Vue, côté droit, la boutique de la maison Baude, céramiste, ami de Jean Renoir. Il avait repris les locaux de la dernière fabrique de Montigny. La vitrine montrait encore quelques oeuvres du céramiste, mais on y voyait aussi des poteries du midi, de Monaco, et même des objets usuels : le four et l’artisan étaient devenus vieux et ne travaillaient plus. Au fond de la ruelle du Point de Vue se trouvait la ferme de Monsieur et Madame Fournereau. On y allait, comme dans les autres fermes qui avaient des vaches, chercher le lait frais, (vers 18 h 30, il était encore chaud...). Leur fille, Madame Guidoni, acceptait parfois que les enfants aillent regarder les vaches dans l’étable. Cette ferme possédait le cheval noir qui tirait le dernier corbillard hippomobile du village, après le cheval du «père Duchaufour». De l’autre côte de la même ruelle se trouvait une charcuterie, achetée à la famille Gougou, en 1946, par Monsieur et Madame Depreytère. Leur voisin, Monsieur Brunet, venu peu de temps avant eux, vendait des vélos, mais aussi des articles de chasse et de pêche, de l’essence, ainsi que bien d’autres choses utiles comme des bottes de caoutchouc, des outils de jardinage, des tondeuses... Il servait aussi de taxi, un très appréciable service dans un temps où il y avait moins de voitures particulières et moins de cars. La bou-tique était décorée à l’intérieur d’un magnifique faisan vénéré empaillé aux plumes immenses. L’atelier de réparation se trouvait dans la cour, on faisait la tour «par derrière» pour faire réparer son vélo ou sa tondeuse, on jetait un coup d’oeil en même temps sur les coulisses de la charcuterie et de la crémerie. Le voisin était une mercerie, établissement de la famille Blanc, successeurs des Tellier, qui avait tenu d’abord un salon de coiffure à cet endroit auquel Madame Tellier avait ajouté un peu de mercerie, un peu de papeterie. On trouvait là aussi des cartes postales et des vêtements. Les successeurs furent Monsieur et Madame Rémi Martin. Puis se trouvait la crémerie Boulard, dans son second emplacement, en remplacement du restaurant Kapouscos. Il y avait une boulangerie juste à côté : celle de la famille Gitton arrivée en 1933, succédant au boulanger Bassinet. On disait familièrement «la boulangerie du bas», par opposition à l’autre, celle «du haut». A cette époque, c’était la plus importante. On y respirait l’odeur du bon pain frais, on pouvait y ache-ter du «gros pain», au poids, et la boulangère ajoutait une plus ou moins grande tranche, pour le poids exact, qui pouvait être dégustée en chemin. Les enfants y achetaient aussi le journal «Fripounet» où ils retrouvaient les aventures de Marysette et de Sylvain et Sylvette avec leur petit âne, en bande dessinée. C’était vraiment, là aussi, un commerce en famille : le père faisait le travail au fournil et les tournées ensuite, dans les villages sans boulanger, les deux filles aînées étaient à la boutique. La boulangerie est restée dans les mains de la famille Gitton jusqu’en 1966. Les suivants ne sont pas restés bien longtemps et ce commerce a changé ensuite de destination plusieurs fois. La boutique voisine, en face de la place de l’Union, a changé bien des fois de commerce. Long-temps Epicerie Duport, ensuite commerce de jardinage-quincaillerie Erckelboudt, puis librairie-papeterie et journaux Vuilain, magasin de mode Gelet, elle est actuellement celle de «Marie Helène»... A côté de cette boutique, de l’autre côté du petit passage, il y a eu longtemps la boucherie Baraton, succédant à celle de la famille Desmoulins, en face d’un vieux puits. II y a eu aussi un cordonnier. De l’autre côté de la rue, à l’angle de la place, un hôtel-restaurant, le café de l’Union, ou le café de la Herse, selon les époques, accueillait des clients depuis bien des années, c’est l’actuel «Mario». La place était ombragée par de gros tilleuls. Une ferme, celle de la famille Mandion, existait sur cette place, avec des vaches qui descendaient dans les prés ou allaient boire au Loing le soir en suivant la rue du village. Il y a eu là, aussi, un moment, une annexe de la banque la Société Générale, ainsi qu’un dentiste, Monsieur Dessaule, qui pratiquait le week-end, dans la maison en haut des marches entre l’hôtel et la ferme. A l’autre extrémité de cette petite place, à l’angle de la ruelle des Cormiers, se trouvait le coiffeur pour hommes. C’était Monsieur Almire Tellier qui avait succédé à son père. Il réparait aussi les postes de radio et avait une double boutique : on pénétrait par la place chez le coiffeur, par la ruelle chez le technicien-radio, une porte plus haut dans le jardin conduisant au logement. Sa fille, devenue Madame Blanc, en épousant le fils de la mercière, tenait un salon de coiffure pour dames en face, de l’autre côté de la rue, à côté du puits (transformé depuis en place de stationnement). Un appareil pour permanentes «à chaud», plein de fils électriques, trônait dans son salon et cette chaise électrique impressionnait les enfants. Ce petit bâtiment existe encore. La ruelle des Cormiers qui part de la place de l’Union pour rejoindre la rue des Cormiers était sou-vent surnommée «la ruelle à Boulard». En effet, au milieu de la ruelle se trouvait la boutique du laitier-fromager successeur de la maison Lenoble : Madame Boulard, vive et menue, tenait la boutique. Elle détail-lait de nombreux fromages, coupait la motte de beurre avec un fil, puisait à la louche dans des pots de crème ou de fromage blanc, servait du lait avec une mesure à long manche. C’était aussi le domaine des coeurs de fromage frais à la crème et des premiers « Danone » en pot de verre rayés de brun et consignés. Monsieur Alfred Boulard faisait la tournée. Sa camionnette bien cabossée et sa verve familière étaient bien connues à Montigny et dans les environs. Il fut «l’inventeur» des premières majorettes locales et l’animateur infatiga-ble de bien des défilés déguisés. Plus tard, ce commerce a déménagé pour la rue du Loing, à la place du res-taurant Kapouscos. L’accès était plus facile, la boutique plus grande et il y avait plus de place pour les marchandises comme pour les clients. En haut de cette ruelle était l’entreprise de construction d’Erimbert Desagnat, devenue Dauger, puis Mercier. Mais revenons Rue du Loing. (suite page suivante)
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